Démarche pédagogique d'un animateur de cirque

Exemple pour un intervenant de cirque dans une école primaire à Grenoble

Spectacle de cirque | Atelier de cirque enfant | Intervenant cirque école

Démarche pédagogique en cirque

Conduite du groupe :

Pour la préparation d’un spectacle, je vais commencer par avoir un comportement directif. Je souhaite qu’ils commencent de manière guidé afin de leur donner les pistes de ce que je souhaite leur faire faire. Je vais donc donner des consignes claires avec peu d’espace pour la liberté, la création. Cela va permettre aussi de mettre à l’aise les plus timides du groupe. La réalisation de figures devant les autres, implique de les maitriser techniquement. C’est un exercice qui sera facile et naturel pour certain(ne) mais pour d’autre, il demandera un vrai effort et un travail sur soi. Je vais d’abord privilégier pour cela les situations collectives et je ne vais pas leur demander de « réaliser » devant les autres.

Lorsque je sentirai les enfants plus à l’aise, je vais pouvoir les laisser montrer aux autres les figures qu’ils maitrisent. Je peux mettre en place des jeux avec des consignes simples qui permettent à chacun d’apporter ses propres idées. Je ne vais en aucun cas « forcer » un enfant qui ne voudrai pas ce mettre en scène devant les autres.

 

Mon comportement :

Le cadre de fonctionnement est établi dès le début de l’année (du cycle pour les enfants du centre de loisirs). Les enfants sont à l’heure et lorsque l’intervenant parle ils écoutent et ils connaissent les règles de sécurité adaptées à la pratique du cirque. Je rappelle les règles en début de cycle.

En revanche nous allons avec le spectacle, susciter des situations qui peuvent faire rire ou engendrer une certaine « excitation » au sein du groupe de par le côté « lâcher prise » liée à la représentation. Je vais donc favoriser un climat de travail qui permet de la création et de la concentration. Je vais faire attention à ce qu’il n’est pas de moquerie entre les enfants ou de dérive sur les idées qui sont proposées. Nous sommes là pour créer un spectacle, tout en s’amusant et non l’inverse.

 

La régulation :

L’évaluation continue permet de réguler l’activité. C’est pourquoi en plus d’une évaluation en début et fin de cycle, j’effectuais aussi une évaluation continue afin de pouvoir adapter mes cours en fonction de l’avancement de chaque enfant. Chaque numéro est travaillé par les enfants de manière autonome, souvent en binôme. Certain binôme peuvent avancer très vite, notamment pour les enfants présent depuis le début de l’année. Je vais favoriser les binômes équilibré (un enfant du centre de loisir avec un enfant plus expérimenté) afin de favoriser l’entraide. Il va falloir travailler sur des situations esthétiques afin de mettre en avant le travail de l’enfant. Je vais donc en fonction de l’avancement de chaque binôme devoir consacrer plus de temps à certain numéro.

 

Adapter sa relation pédagogique

Pendant la période précédente (apprentissage technique) les enfants demandent souvent, quelles sont les figures qu’ils doivent/peuvent effectuer. Ils sont peut autonomes. Mon rôle a donc été de leur apprendre les figures qui existent et de leur faire faire. Lorsqu’ils maitrisent au moins 3 figures, je vais leurs demander d’être autonomes et de trouver de quelle manière ils vont pouvoir les enchainer. Je vais donc adapter mon comportement en étant semi-directif, je peux leurs donner des pistes. En revanche, je vais être directif pour coordonner l’enchainement des pyramides et sur la globalité du spectacle.

Adapter les conditions de sécurité

La notion de sécurité est essentielle en cirque tout au long de l’année. Il est important de savoir l’adapter, la modifier en fonction de chaque enfant. Au début les enfants vont demander beaucoup de sécurité (parade d’un adulte, gros tapis, pas de hauteur), ils ont une appréhension normale et justifiée pour réaliser certaines figures risquées. Je vais donc créer un climat de confiance enfant/animateur en mettant tous les moyens qui sont à ma disposition pour leur assurer un risque presque 0 de chutes ou de blessures. Ensuite, ils vont acquérir plus de confiance, ils maitrisent les figures et surtout ils maitrisent la manière dont ils vont devoir tomber. Nous sommes dans une période importante car transitoire : je vais supprimer certains moyens qui avant, assuraient leurs sécurité (ex : aucune parade) les enfants réagissent différemment.

1 : L’enfant ce « bloque » il n’arrive pas à refaire certaines figures qu’il sait faire avec parade ou tapis.

Adaptation : Je ne le force pas, je ne le mets pas en danger car il risque de ne plus avoir confiance en moi. J’essaye de lui faire répéter à nouveau des figures qu’il maitrise parfaitement et je vais lui donner petit à petit plus d’autonomie sans le lui dire verbalement. Je peux par exemple lors de mes parades mettre de plus en plus de distance entre lui et moi.

2 : L’enfant a beaucoup de confiance en lui, il pense maitriser parfaitement les figures et ne veux plus de parade, tapis…

Adaptation

Je vais le réguler, je lui fais comprendre que même en maitrisant les figures le risque 0 n’existe pas. Je peux par exemple lui demander d’effectuer une figure 5 fois d’affiler avec une parade. S’il n’y arrive pas, cela lui montre qu’il n’est pas tout à fait près à une autonomie complète. Ce type de comportement peux les faire progresser plus vite que d’autres enfants, en revanchent ils sont plus exposé aux risques de blessures. Il va donc falloir, bien les surveiller pendant la séance.

Pour le spectacle

Pendant le spectacle je vais adapter le choix des figures qui vont être réalisées pour le numéro. Les enfants vont vouloir montrer les figures les plus spectaculaires. Ils peuvent ne pas avoir conscience de la différence entre réaliser une figure pendant l’entrainement et la réaliser pendant le spectacle (stresse, moins de parade, enchainement de figures etc…). Je vais essayer de ne pas leur imposer un « non » catégorique quant à la réalisation de telles ou telles figures. Je ne souhaite pas les « frustrer » en imposant un avis qui sera ressentis, par l’enfant, comme arbitraire. Je vais essayer de leur faire comprendre par eux-mêmes pourquoi ce choix n’est pas judicieux.

Pour cela je peux  demander de

  • Réaliser la figure 5 fois d’affilé

  • Réaliser la figure dans l’enchainement des autres

  • Réaliser la figure devant les autres enfants (spectateurs)

En règle générale cela suffit à ce qu’ils s’autorégulent.

les 3 dits des clowns au prince visuel.jpg
Petites histoires de noel.jpg